Poésie sous plastique


A(ver)Ti(S)




 


Tout le monde a peur
Alors
On siffle, on dort
On roule sur les bicyclettes de nos aïeux
Vertes et bleues
On se recycle, on en veut
On lève les têtes
Là-haut, on se dit, là-haut aussi
L’Eden est assez sulfureux
 
Alors on a peur
Donc on ferme les yeux
On pleure un peu, on gémit
On se consterne tout le temps
On défaite les fêtes sans le vouloir vraiment
Là bas, on se dit, là-bas, qui ment
Qui coupe les arbres et les respirations
Pourtant pourtant
Partout coupable

Tout le monde a peur
Alors
Les uns sur les autres
On rejette tous beaucoup
Et on regrette tous beaucoup
Trop tard, on se dit, trop tard


Tout le monde a peur
Alors
On se resserre
Toujours un peu trop tard

C’est à dire, presque juste à temps. 


 Averti (s. e. es.)





Mars 2010